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INTERVIEW
Paris, le 24 juin 2005

Une femme de pouvoir dans le monde de la moto

Une femme de pouvoir dans le monde de la moto

Réuni les 18 et 19 juin à Genève, le Conseil de direction de la Fédération internationale de motocyclisme (FIM) a annoncé la création d'une Commission féminine dont la présidence revient à la sud-africaine Beaulah Schoeman. Interview.

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C'est la sud-africaine Beaulah Schoeman, directrice générale de Motorsport South Africa (Motorsport SA, la fédération sud-africaine des sports mécaniques reconnue par la FIM et la FIA) et présidente de l'African Motorcycle Union, qui présidera la toute nouvelle Commission féminine de la FIM, dont l'objectif est de promouvoir le sport moto au féminin.

Mariée, sans enfant, Beaulah Béatrice Schoeman parle couramment afrikaans, anglais et italien et comprend le français. Inscrite en première année de Business Administration à l'Université du Witwatersrand à Johannesburg, elle doit abandonner ses études en raison d'un grave problème de santé. Convaincue que "le sport est le meilleur moyen d'unir les peuples", elle "déplore le faible nombre de femmes dans les sports mécaniques, tant dans le domaine de la compétition que dans celui de l'organisation", et juge "essentiel" d'améliorer cet état de fait.

Beaulah Schoeman prend la présidence de la nouvelle Commission féminine de la FIM

Impliquée dans les sports mécaniques depuis le 1er février 1966 en tant que secrétaire du Sports Car Club of South Africa, elle prend rapidement la direction du Club et de ses 28 antennes et en fait la plus importante organisation de sports mécaniques d'Afrique du Sud avec plus de 5 000 membres inscrits.

Mettant à profit son expérience du terrain, elle organise 15 Grands Prix de Formule 1 en Afrique du Sud en tant qu'International Event Secretary et Event Coordinator, deux Grands Prix moto de vitesse, deux Grands Prix de Motocross et plusieurs autres événements internationaux comme les 9 Heures Castrol ou les Courses d'endurance de Wynns.

En décembre 1982, elle quitte le Sports Car Club of South Africa pour intégrer l'Automobile Association of South Africa (AASA) en tant que contrôleuse administrative des sports mécaniques. Elle en devient directrice générale quelques années plus tard et se retrouve alors à la tête des sports mécaniques en Afrique du Sud...

En 1993, le rachat du Circuit international de Kyalami par l'AASA engendre de vives critiques. L'AASA doit changer de statut (Section 21) et adopte son nom actuel, Motorsport South Africa. Beaulah Schoeman en devient directrice exécutive en juin 1995 et commence à développer son projet personnel : "encourager et développer la participation des femmes dans toutes les catégories de sports mécaniques placées sous la responsabilité de Motorsport S.A."

Parallèlement, Beaulah Schoeman représente l'Afrique du Sud auprès de la Fédération internationale de l'automobile et la Fédération internationale de motocyclisme. Elle préside également la Confédération des pays africains au sein de la FIA, où elle représente l'ensemble du continent à la Commission internationale des rallyes.

Toujours en 1995, elle est élue présidente de la Commission Promotion de la FIM. "C'est mon plus beau succès personnel", explique-t-elle aujourd'hui, "dans la mesure où toutes les autres commissions de la FIM étaient dirigées par des hommes !"

En 1998, rebelote : elle devient à nouveau la seule femme à siéger au conseil de direction de la FIM, d'habitude exclusivement masculin, en tant que présidente de l'African Motorcycle Union.

En octobre 1998, c'est à nouveau Beaulah Schoeman - "avec l'aide de seulement deux autres personnes", précise-t-elle - qui organise le Congrès mondial de la FIM à Cape Town, qui bat un record d'affluence en nombre de délégués internationaux présents.

Moto-Net : Beaulah Schoeman, est-il difficile d'être une femme de pouvoir dans le monde des sports mécaniques, un milieu traditionnellement très masculin ?
Beaulah Schoeman : Je suis aujourd'hui l'une des rares femmes dans le monde à diriger une fédération de sports mécaniques, car c'est vrai que c'est un milieu traditionnellement dominé par les hommes. L'une de mes priorités, en tant que directrice exécutive de Motorsport SA, a été d'encourager et de promouvoir la participation des femmes dans toutes les catégories de sports mécaniques en Afrique du Sud. C'était un projet qui me tenait particulièrement à coeur. Etant donné qu'avant moi, aucune femme dans les sports mécaniques n'avait jamais accompli ce que j'ai fait à la fois sur le plan local et international, je n'ai pas eu de modèles ou d'exemples sur lesquels m'appuyer. Au début, j'ai dû faire face à une sévère opposition de la part des hommes, surtout au plan local. Mais j'ai réussi à prouver qu'une femme pouvait accomplir son travail, diriger une entreprise et imposer ses décisions dans un sport principalement masculin.

Moto-Net : Que pensez-vous des différentes courses de vitesse réservées aux filles, comme la défunte Dream Cup (lire Moto-Net du 21 juin 2004 et Moto-Net du 11 janvier 2005) ou l'European Women's Cup (lire Moto-Net du 18 mai 2005) ? Peut-on imaginer, demain, un équivalent féminin de Valentino Rossi ?
Beaulah Schoeman : En raison de mes nombreuses activités locales et internationales, je dois reconnaître que je n'ai pas suivi de très près les jeunes femmes qui pourraient devenir les championnes de demain. Je lis régulièrement les magazines des différentes fédérations nationales et les journaux vendus ici, mais je n'ai pas remarqué les résultats d'une pilote en particulier. Je suis extrêmement frustrée de voir que les sponsors sont si frileux à l'idée d'investir de l'argent sur des filles pilotes ou sur des compétitions féminines... Ils ne voient pas les avantages qu'ils pourraient en tirer. Pourtant les retours sur investissement peuvent être énormes, justement parce que c'est rare de voir une femme évoluer dans une discipline principalement masculine !

Moto-Net : Quel sera le rôle exact de cette nouvelle Commission féminine au sein de la FIM ?
Beaulah Schoeman : Je pense que la Commission aura en charge le développement des compétitions féminines existantes. Il faudra aussi persuader les fédérations et les pays qui n'ont pas de pilotes femmes qu'ils doivent faire des efforts pour mettre en place des filières afin de réunir le plus de filles possibles dans les sports mécaniques. Ici en Afrique du Sud, nous avions d'extrêmement bons résultats en motocross et l'une des catégories était dominée par de très jeunes filles. Dès l'instant où elles sont devenues adolescentes, leurs centres d'intérêts ont évolué : elles se sont intéressées à la mode, aux fringues, aux cosmétiques, etc. Eh bien une firme très connue de cosmétiques n'a pas voulu voir les bénéfices qu'elle pouvait tirer en s'impliquant aux côtés de ces jeunes pilotes ! Je crois qu'au lieu de m'évertuer à faire entendre ma voix toute seule, la création de cette commission permettra de mieux servir les intérêts des femmes pilotes dans le monde, et d'inciter les sponsors à en tenir compte... Je suis de nature optimiste et je suis très têtue, donc je n'abandonne pas facilement !

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Commentaires

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J'ai pour habitude de dire que la passion de la moto doit se partager de la même façon entre filles et garçons. Les mêmes journaux, les mêmes choix de machines, les mêmes sujets de discussions etc... perso,je ne rejoindrais pas un club moto féminin, j'aime la diversité et l'évolution de monde motard. Mais pour ce qui est de la compétition, je trouve que c'est différent. Les filles ne roulent pas forcèment de la même façon que les gars et leur participation promet l'avenir d'un beau spectacle complémentaire dans les différentes disciplines. J'approuve l'idée et regrette la défunte Dream Cup.

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