
L'Association des sociétés françaises d'autoroutes (ASFA) alerte sur l'inquiétante augmentation des accidents mortels sur ses réseaux payants. La consommation d'alcool, de drogues ou de médicaments (ou les trois à la fois…) est en cause dans 23%.
Si l'autoroute reste le réseau le plus sûr avec "1,3 accident par milliard de kilomètres", cinq fois moins que sur les routes nationales, ses statistiques de mortalité connaissent pourtant une hausse significative. "En 2025, 162 personnes ont perdu la vie sur le réseau autoroutier, soit 33 de plus qu’en 2024 (+26 %)", fait savoir l'Association des sociétés françaises d'autoroutes.
L'ASFA nuance ce constat en rappelant que 2024 marquait "une baisse particulièrement importante sur les autoroutes concédées". Interrogé ce mercredi par France Info, son porte-parole explique cette diminution par l'effet Jeux Olympiques pendant l'été 2024 : "les usagers étaient probablement dans un état d'esprit plus détendu", estime Christophe Boutin, avant de suggérer que cet excellent bilan tient aussi (surtout ?) à la forte présence policière pendant les JO.
"En 2025, certains conducteurs ont semble-t-il repris leurs mauvaises habitudes", regrette le délégué général de l'ASFA en dévoilant les statistiques de l'année écoulée : 144 accidents mortels en 2025, contre 114 en 2024, dont "23%" impliquant un conducteur ayant consommé de l'alcool, de la drogue ou des médicaments. Soit pratiquement un accident mortel sur quatre.
"Ces accidents surviennent principalement la nuit (55 % entre 21h00 et 6h00) et le week-end (45%)", relève l'ASFA, qui déplore des niveaux d’alcoolisation particulièrement élevés : "près de 7 conducteurs alcoolisés sur 10 présentent une alcoolémie d’au moins 1,2g/l". Soit plus du double de la limite légale !
En clair : les conducteurs(rices) en question prennent l'autoroute en toute connaissance de cause sur leur état d'ébriété. Le "dernier verre pour la route" était précédé de beaucoup d'autres… Ceci posé, Moto-Net.Com pose la question : à combien de contrôle d'alcoolémie et/ou dépistage de drogue avez-vous été soumis sur autoroute ? Concernant la rédaction de MNC, la réponse est zéro.
A l'inverse, les contrôles de vitesse sont aussi fréquents que les péages : radars automatiques, radars tronçons, radars chantier, sans oublier Pinot et ses jumelles planqués derrière un pont ! En résumé, le gars pressé prend plus de risques (pour son permis) que le gars bourré. La traque du moindre kilomètre-heure excédentaire est, il est vrai, plus facile et lucrative.
Pour autant, la vitesse excessive reste un important facteur de risque : 19% des accidents mortels lui sont attribuables sur autoroute en 2025. Cependant, les statistiques font apparaître un lien entre alcool et vitesse puisque ces accidents surviennent "plus fréquemment les vendredis et samedis soirs", relève l'ASFA.
L'association en attribue par ailleurs "57%" à des conducteurs de "moins de 35 ans". Autrement dit : de jeunes conducteurs en partance ou de retour de soirées empruntent l'autoroute à trop vive allure et avec de l'alcool et/ou de la drogue dans l'organisme.
L'association des sociétés françaises d'autoroutes pointe également du doigt les ravages provoqués par l'inattention (17% des accidents mortels), souvent liée à l'usage du téléphone au volant, la somnolence (16%), les manoeuvres dangereuses (13%) et les contresens (6%).
La présence de piétons sur autoroute représente également 14% des accidents mortels en 2025. Le plus souvent, il s'agit de personnes ayant quitté leur véhicule suite à une panne (58%), en grande majorité la nuit (80,5%). Les sociétés d'autoroute compte par ailleurs deux décès et treize blessés parmi leurs agents en intervention sur le réseau.
"Derrière chacun de ces chiffres se trouvent des femmes et des hommes qui œuvrent chaque jour pour garantir la sécurité et la fluidité du trafic", rappelle l'ASFA. "Leur mission ne devrait jamais les exposer à une telle exposition au danger".
.
.
.