Pixel impression
  • L'essentiel
  • -
  • En savoir plus...
INTERVIEW MARCHÉ 2004
Paris, le 10 janvier 2005

Honda : des résultats contrastés

Honda : des résultats contrastés

Bilan contrasté pour le n°1 mondial qui progresse de 62,2% en 125 cc pour devenir leader du marché français, alors qu’en grosses cylindrées ses ventes chutent de 21,4%. Explications.

Imprimer

Bilan contrasté pour le N°1 mondial qui progresse de 62,2% en 125 cc pour devenir leader du marché français, alors qu’en grosses cylindrées ses ventes ont chuté de 21,4%. Un résultat contrasté un peu à l’image de la communication de la marque en 2004 : très axée grand public, en particulier les jeunes et les automobilistes, elle touche moins le motard traditionnel. Explications.

Moto-Net : Vous êtes leader en 125 cc et vous progressez plus vite qu’un marché pourtant déjà en forte croissance. Comment expliquez-vous ce succès ?
Gil Michel, directeur de la communication Honda France : C’est d’abord une stratégie de communication. Pour les plus de 125, nous annonçons uniquement dans la presse moto. Mais pour les 125, il faut toucher un autre public. Pour les huit premiers mois de l’exercice 2004 (du 1er avril au 30 novembre), nous avons communiqué pour 38% dans la presse moto et la presse 125 cc, 53% dans la presse générale (auto, sportif, people et quotidienne) et pour 9% dans la presse 50 cc et jeunes. Il y a aussi une stratégie produit : la 125 sportive était moribonde avec une offre ancienne et chère : NSR, RS et Mito. Nous sommes arrivés avec un produit nouveau et séduisant. L‘objectif de vente était de 1 800 à 2 000 machines et nous en avons déjà vendu 3 735 ! Il faut souligner aussi la flexibilité de notre appareil de production, qui a pu suivre la demande pour ce produit européen exclusif produit en Thaïlande.

Moto-Net : Votre offre s’affiche à des prix très compétitifs, c’est nouveau pour Honda ?
G. M. : C’est ça le système Honda : un système de production flexible et délocalisé dans le monde entier pour proposer les bons produits aux bons prix. Les prix que nous affichons ne sont pas bradés, c’est parce que nous avons maîtrisé nos coûts en préservant la qualité. C’est une action de long terme qui porte ses fruits aujourd’hui. Tout le monde se souvient des déboires des premières Honda italiennes. C’est aujourd’hui un vieux souvenir et nous assurons la même qualité qu’au Japon dans n’importe quel pays. Ainsi, c’est parce qu’il est fabriqué en Inde que nous pouvons offrir un Honda Lead a 1 620 €. Les CG et XR sont produits au Brésil, le Varadero à Barcelone et la gamme scooter en Italie. Les gros rouleurs, ceux qui roulent tous les jours à moto, ce sont désormais les 125 cc et les scooters ! Aujourd’hui ils découvrent que l’on peut se faire plaisir a moto. Ils aspirent à du mieux, ils passeront le permis et ils vont transformer le marché de la moto de grosse cylindrée. Ce qu’ils voudront c’est une moto sûre et pratique, pas 150 chevaux et des disques de 320 mm !

Moto-Net : Pourquoi les scooters Honda se vendent-ils moins bien que les Piaggio ?
G. M. : Piaggio est leader parce que sa force de vente est concentrée à 100% sur le scooter. Chez Honda, notre réseau dispose d’une offre très large et n’a pas toujours pris la mesure du potentiel de ce marché. C’est à nous de progresser dans ce domaine...

Moto-Net : Les scooters grandes roues se vendent bien en Italie mais pas en France, pourquoi ?
G. M. : Le marketing n’est pas une science exacte... Les cibles de nos scooters 125 cc étaient les suivantes : le SH125 à grandes roues était destiné aux hommes citadins, le @125 aux femmes et le Dylan à une clientèle jeune et sportive. En réalité, nous constatons que ce sont les hommes qui apprécient le @125 alors que les femmes plébiscitent le SH125... En Italie, beaucoup de femmes roulent en deux-roues donc on vend beaucoup de "grandes roues". Mais ce n’est malheureusement pas encore le cas en France.

Moto-Net : En grosses cylindrées, vous perdez des parts de marché. Avez-vous raté le lancement de la CBF ?
G. M. : Il faut faire notre mea culpa. On s’est peut-être trompé d’image. Trop honnête avec son concept, on a mis en avant le coté "moto pour tous". Sans doute aurions-nous dû laisser faire les publicitaires qui avaient des idées plus marketing. Mais ça va changer en 2005 avec une nouvelle déco et un nouveau message. Chez Honda, nous avons un concept honnête de la moto d’initiation. C’est vraiment une machine facile, pas un monstre inexploitable ou un pousse au crime. La responsabilité des constructeurs est engagée dans ce domaine et certains semblent l’oublier.

Moto-Net : Dans le domaine des sportives, Yamaha a pris l’avantage avec sa R1 alors que la Honda CBR 1000 est à la traîne. Un peu à l’image du MotoGP cette année ?
G. M. : D’abord, la première place de la R1 correspond en réalité à l’addition des ventes de trois motos : R1 2003 + R1 Steelfighter + R1 2004. Ensuite, la chute des sportives est aussi due à la déprime communiquée par la presse moto en début d’année avec sa couverture alarmiste des mesures radar. De nombreux motards sont passés au gros roadster pour comprendre que ce n’est pas leur truc et revenir à la sportive en fin d’année. Moi je ne crois pas à la mort des sportives. L’Angleterre et l’Allemagne ont des politiques encore plus répressives et les sportives y marchent très bien. Enfin, la CBR est bien la meilleure en compétition : on a disputé le titre Superbike jusqu’au bout avec une machine privée. Pourtant elle a été systématiquement dénigrée par la presse car étant plus exploitable et plus adaptée à la route, elle serait fatalement moins efficace sur circuit. Quant à l’influence réelle des résultats du MotoGP, personne ne la connaît vraiment.

Moto-Net : Honda a parfois une image de monstre froid, efficace mais dénué de passion. Comme l'expliquez-vous ?
G. M. : C’est faux ! C’est une image donnée par la presse car nous sommes le plus gros constructeur. Mais nos ingénieurs sont des passionnés, la moto c’est leur vie. Quand on gagne en compétition, on parle du rouleau compresseur Honda alors que souvent nous n’avons pas de moyens supérieurs à nos concurrents. Il faut en finir avec ce cliché !

Moto-Net : Vous semblez moins actif en compétition au niveau national que vos concurrents ?
G. M. : On a gagné la Superroadster Cup, le trophée SX, on organise la Hornet Cup, la Junior Cup ! C'est vrai qu'on ne prête pas de motos de compétition à des "moins jeunes" de notoriété pour gagner à tout prix. Mais ça ne nous empêche pas de gagner avec un 900 en catégorie 1000, en plus avec une moto privée et unanimement critiquée par la presse, qualifiée de peu efficace, voire dangereuse ! Il y a parfois de quoi sourire...

Moto-Net : Justement, vous gagnez mais les gens ne semblent pas y être sensibles. Pourquoi ce déficit d’image en France ?
G. M. : C’est parce que la France est un pays de loosers ! On n'aime pas ceux qui gagnent, on soutient celui qui perd. On ne pardonne pas à Honda d’être le meilleur. Mais mieux vaut être N°1 en Europe et derrière en France que l’inverse... Arrêtons de nous regarder le nombril !

Moto-Net : Pourtant Honda a quand même perdu en MotoGP !
G. M. : Disons plutôt que Rossi a conservé son titre de champion du monde car sans lui, la Yamaha ne vaut pas mieux que 6ème ! Mais la presse a retenu que Yamaha avait terrassé Honda... Malheureusement, la plupart des journalistes ne sont que des pilotes frustrés, ils ont du mal à faire la part entre l’homme et la machine !

Moto-Net : Allez-vous développer votre réseau monomarque ?
G. M. : L’important c’est de construire un réseau solide au sein duquel les concessionnaires peuvent compter sur leur marque. Il faut avoir une politique à long terme, pas multiplier les agents pour faire du chiffre. Dans la marché actuel, 235 concessions sont suffisantes. Si on passe à 30 000 ventes on verra. Tous les jours des professionnels veulent notre panneau, ça permet de sélectionner !

Moto-Net : Certains concessionnaires se plaignent de ne pas avoir les bons produits, que leur répondez-vous ?
G. M. : Les produits, il faut travailler pour les vendre ! Il y a 30 ans, un cyclo Honda ou une 4 pots, on faisait la queue pour l’acheter. Maintenant, il faut travailler : mettre en valeur, proposer des crédits, etc. Ça rejoint ce que je vous disais à propos des scooters : certains professionnels n’ont pas compris le potentiel de certains nouveaux marchés.

Moto-Net : Vos prévisions pour 2005 ?
G. M. : On ne va pas en rester là ! Nous sortons une nouveauté musclée en janvier, puis les nouveautés vues a Bologne, et enfin le salon de Paris...

.

.

Commentaires

Ajouter un commentaire

Identifiez-vous pour publier un commentaire.

.

Les derniers essais MNC

Kawasaki KLE500 SE : l'essai vidéo Moto-Net.Com

Kawasaki relance sa KLE500 avec le bicylindre A2 de 45,4 ch et 42,6 Nm chipé à la Z500 et une partie cycle taillée pour tous les terrains. Moto-Net.Com teste sa déclinaison haut de gamme, la KLE 500 SE à 7399 €, sur les routes et les beaux chemins d'Alméria (Espagne). Essai vidéo.
Essai Ténéré 700 World Raid 2026 : le meilleur trail Yamaha

Tout en haut de la gamme des trails Yamaha (avec WR125 et Ténéré 700, mais sans 450 ou 900 ?!) trône actuellement la Ténéré 700 World Raid. Comme les versions standard et Rally en 2025, cette "WR" reçoit pour 2026 une série de mises à jour électronique et mécanique. MNC recense ses points forts et points faibles… Essai.
Yamaha Ténéré 700 World Raid 2026 : l'essai vidéo sur Moto-Net.Com

Un an après la refonte principalement électronique de la Ténéré 700 (standard et Rally), la version haut de gamme World Raid apparue en 2022 au catalogue Yamaha bénéficie à son tour d'une mise à jour. Moto-Net.Com a pu l'essayer dans toutes les conditions : routes défoncées voire glissantes, piste tout-terrain rapide ou petit pierrier. Essai !
Essai Triumph Tiger Sport 660 et Trident 660 : laquelle choisir en 2026 ?

Votre trois-cylindres Triumph accessible A2, vous le préférez comment en 2026 ? Plutôt roadster avec la Trident 660 ? Ou plutôt trail-routier avec la Tiger Sport 660 ? Deux nouveautés aux visées différentes malgré leur base mécanique, châssis et électronique similaire. Double essai MNC pour vous aider à choisir !
Roadster 2 commentaires

A lire aussi sur le Journal moto du Net

Kawasaki KLE500 SE : l'essai vidéo Moto-Net.Com

Kawasaki relance sa KLE500 avec le bicylindre A2 de 45,4 ch et 42,6 Nm chipé à la Z500 et une partie cycle taillée pour tous les terrains. Moto-Net.Com teste sa déclinaison haut de gamme, la KLE 500 SE à 7399 €, sur les routes et les beaux chemins d'Alméria (Espagne). Essai vidéo.
Harley-Davidson lance une mystérieuse plateforme ''Ride''

Après avoir marqué les esprits des motards - plutôt sportifs - avec le lancement de la Bagger World Cup et la présentation d'un concept de Café Racer RMCR, Harley-Davidson intrigue en dévoilant ''Ride'', un programme international aux accents plus communautaires et traditionnels… qui n'ont pas pris une ride ?
Comment les huiles Elf veulent reconquérir la France, l'Europe et le monde

Fondée il y a 60 ans et absorbée par Total en l'an 2000, Elf conserve une forte image auprès des amateurs de sports mécaniques : les - vieux - motards se souviennent notamment de ses fabuleux prototypes. En 2026, la marque française entend redevenir une référence au rayon lubrifiants. Interview du patron Olivier Borgotti.
Pourquoi Aprilia dépasse Ducati en MotoGP 

Aprilia démarre la saison MotoGP 2026 au même rythme que s'est terminée 2025 : avec une longueur d'avance sur son compatriote Ducati, jusqu'ici incapable de contrer la RS-GP en course principale. Marco Bezzecchi, en particulier, mène cette lutte de pouvoirs entre les deux constructeurs italiens.
MotoGP 2026 6 commentaires
Parler à moto sans se ruiner : bien choisir son intercom à moins de 230 €

Entre les instructions du GPS, les appels, la musique ou la conversation avec un passager, les raisons de s’équiper d’un intercom ne manquent pas. À mesure que l’offre s’étoffe, une question se pose : faut-il forcément investir plusieurs centaines d’euros pour en tirer un réel bénéfice sur la route ? Pas nécessairement.
Pourquoi les motos ne carburent toujours pas au Superéthanol E85 ?

Alors que les automobilistes peuvent opter pour l'essence contenant 65 à 85% d'alcool agricole depuis 2017, les motards et scootéristes n'ont toujours pas l'autorisation d'installer un boîtier FlexFuel pour convertir leur deux-roues au Superéthanol-E85. FFMC et professionnels dénoncent cette injustice en pleine crise des carburants.
Guide nouveautés 2026 : toutes les motos, toutes les infos

Toutes les informations sur les nouveautés moto et scooter 2026 : présentations, caractéristiques, prix, coloris, disponibilités et nos premiers essais MNC. Le guide le plus complet, marque par marque, c'est sur Moto-Net.Com ! 
  • En savoir plus...